Silence

2025

Le silence. Ce n’est pas juste l’absence de bruit. C’est ce moment gênant dans un ascenseur, le poids d’un secret de famille à table. C’est ce qu’on choisit de taire et ce qui, pourtant, en dit le plus long. Le silence n’est jamais vide : c’est un personnage à part entière.

Déséquilibre

2024

C’est le verre posé trop près du bord de la table. C’est le moment où la conversation dérape, où le pouvoir change de main sans un mot. C’est ce qui arrive quand nos certitudes s’effondrent, quand la routine déraille ou qu’une relation devient bancale. Le déséquilibre, ce n’est pas la chute elle-même ; c’est ce vertige inconfortable juste avant, cet instant tendu où l’on sait que les choses ne tiennent plus et que tout peut basculer.

Eclipse

2023

C’est ce moment précis où quelqu’un vous vole la vedette, vous plongeant dans l’ombre. C’est quand une nouvelle bouleversante vient assombrir le moment le plus heureux, ou quand une personne en cache une autre, la rendant invisible aux yeux de tous. C’est un passage à obscurité totale. C’est la vérité qu’on ne voit plus, le talent qu’on ignore, ou ce doute qui bloque la lumière, le temps d’un alignement parfait et dérangeant.

Chimères

2022

Ce n’est pas que le monstre du vieux livre. C’est ce plan parfait qui n’existe que dans notre tête. C’est cet idéal qu’on poursuit, ce “et si…” qui nous fait décrocher de la réalité, ou l’image qu’on se construit sur les réseaux. C’est un assemblage de désirs et de peurs qui ne collent pas ensemble, mais qui dictent nos choix. C’est cette illusion qu’on chérit ou qu’on redoute, ce rêve éveillé qui a plus de poids que ce qui est juste devant nous.

La 25ème heure

2021

Le moment qui n’existe pas sur la montre, mais qu’on a tous déjà vécu. C’est l’heure de “trop tard”, quand le réveil va sonner mais qu’on n’a pas dormi. C’est ce sursis qu’on n’attendait plus pour tout changer, ou le moment précis où l’on réalise qu’on est passé à côté de l’essentiel. C’est le temps du bilan, de l’ultime chance ou du regret tenace, juste après que les 24 heures réglementaires aient été épuisées.

Limites

2020

La ligne qu’on trace dans le sable, le “non” qu’on dit enfin à son patron. C’est la patience qui craque, la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La frontière qu’on n’ose pas franchir, ou celle qu’on teste juste pour voir ce qui se passe. Ce qui nous protège, mais aussi ce qui nous enferme. C’est ce moment précis où l’on sait qu’on est allé trop loin, ou qu’on n’a pas encore été assez loin.

Et Si ?

2019

C’est la question qui ouvre toutes les portes, surtout celles qu’on devrait laisser fermées. C’est ce texto qu’on n’a pas osé envoyer, ce train qu’on a pris (ou raté) à la dernière seconde. C’est le point de départ de l’angoisse, du regret, mais aussi de l’aventure. C’est ce moment précis où la routine pourrait basculer, où l’on refait le film de sa vie en se demandant ce qui se serait passé… juste pour voir.

À Contre-Courant

2018

C’est nager quand tous les autres flottent. C’est dire “non” quand tout le monde dit “oui”, ou choisir le chemin long et difficile juste parce qu’il est juste. C’est la petite voix qui dit “c’est absurde” dans une réunion où tout le monde approuve. C’est l’effort constant pour ne pas se laisser emporter par le confort de la masse, quitte à se retrouver seul, à être le bizarre de service, juste pour rester fidèle à soi-même.

La fuite

2017

Lart de ne jamais répondre, de toujours remettre à demain. C’est le moment où l’on cesse de se battre pour commencer à courir. Qu’il s’agisse d’échapper à un danger bien réel ou à une simple conversation qui dérange, la fuite est une décision prise dans l’urgence. Elle laisse toujours une trace : le soulagement immédiat pour celui qui part, et un silence assourdissant pour celui qui reste.

L’invité.e

2016

L’atmosphère de la maison change, la tension devient palpable. L’invité(e) arrive. C’est cette pièce soudainement rapportée, ce regard extérieur qui vient juger ou perturber un équilibre fragile. Qu’il soit désiré ou redouté, son arrivée force les masques à tomber ou, au contraire, à se fixer plus solidement. Il y a celui pour qui on cache la poussière sous le tapis, et celui dont la seule présence fait tout exploser. Son rôle ? Être le miroir ou le détonateur, avant de simplement repartir.

La Première Fois

2015

On croit savoir ce que ce sera. On l’a imaginé, espéré ou redouté. Mais la première fois, ce n’est jamais l’idée qu’on s’en faisait. C’est le moment où la théorie s’efface brutalement pour laisser place à la réalité, qu’elle soit décevante, magnifique ou juste… maladroite. Il ne se répète pas, et trace une ligne indélébile entre ce qu’on était avant, et ce qu’on devient après.

Dernier Étage

2014

Le bouton est enfoncé. Il n’y en a pas de plus haut. Le dernier étage. C’est ce lieu à part, loin de l’agitation du hall d’entrée. C’est le privilège de la vue imprenable, ou l’isolement de la petite chambre sous les combles. On n’y arrive jamais par hasard ; on y monte pour un face-à-face, pour atteindre un sommet, ou parce qu’on est simplement arrivé au bout. C’est le lieu de la décision finale, juste avant le ciel, ou juste avant la chute.

Double Jeu

2013

Il y a le visage qu’on montre, et celui qu’on cache. Le double jeu commence toujours par un petit arrangement, un mensonge qui en appelle un autre. C’est l’art de naviguer entre deux vérités, de gérer deux agendas qui ne doivent jamais se croiser. Le vrai talent n’est pas de mentir, c’est de garder son calme. C’est un exercice d’équilibriste permanent, où le seul enjeu est de ne pas être celui qui tombe quand tout, inévitablement, s’effondre.

Juste Après

2012

La porte vient de claquer, la nouvelle est tombée, le générique a commencé. “Juste après”, c’est ce vide assourdissant qui suit le chaos. Ce n’est pas encore la suite, c’est la résonance de ce qui vient de se passer. C’est l’instant où l’on reste immobile, un café à la main, à se demander “Et maintenant ?”.

Premiers Pas

2011

Le premier “je t’aime” balbutié, ce premier discours où la voix tremble. Les premiers pas sont rarement assurés. Ils sont souvent maladroits, terrifiants, et chargés d’une importance démesurée. C’est l’instant fragile où l’on cesse d’être un spectateur pour devenir un acteur, sans savoir du tout si l’on va trébucher juste après.